Le trouble bipolaire (anciennement appelée psychose maniaco-dépressive) se traduit par des variations de l’humeur très fortes.

Elles consistent en une alternance d’épisodes maniaques et d’épisodes dépressifs entrecoupés de phases de rémission. Cette maladie entraîne pour le patient une vulnérabilité mentale et physique, et reste malheureusement diagnostiquée trop tardivement.

La phase maniaque peut être caractérisée par une euphorie, une hyperactivité inhabituelle, un comportement désinhibé, des difficultés de concentration, allant jusqu’au délire et à des hallucinations.

La phase dépressive associe généralement un état de tristesse et de désintérêt général, des troubles de l’appétit et du sommeil, une perte d’énergie, des pensées morbides, voire suicidaire.
La durée, la fréquence et l’intensité de ces phases varie d’un patient à l’autre.

On distingue au moins 3 catégories de troubles bipolaires :
• Bipolaires de type I, défini par l’existence de phases d’excitation euphorique (on les appelle accès maniaques), conduisant à̀ des décisions ou actions que le sujet regrettera plus tard, phases qui nécessitent une hospitalisation, souvent sans le consentement du sujet, car incapable, du fait de sa pathologie, de percevoir la nécessité de soin.
• Bipolaires de type II, où les épisodes d’excitation euphorique sont moins intenses (on les appelle « hypomaniaques »), pouvant être traités sans hospitalisation.
• Bipolaires de type III, lorsque les accès euphoriques ne surviennent que sous l’effet excessif d’un traitement antidépresseur.

Le trouble bipolaire est classé parmi les 10 pathologies les plus invalidantes selon l’OMS.

On estime qu’en France, entre 1 et 2,5 % de la population est touchée par ce trouble. Les premiers symptômes apparaissent entre 15 et 25 ans.

Il s’écoule en moyenne 10 ans entre l’apparition du trouble et l’instauration d’un traitement adapté.

Actuellement 40% des personnes diagnostiquées dépressives pourraient être en réalité atteintes de trouble bipolaire.

Mal diagnostiqué, ce trouble est associé à de nombreux facteurs de comorbidité : alcoolisme, diabète, conduites à risque, addictions.

1 personne atteinte sur 2 fera au moins une tentative de suicide dans sa vie et 15% décéderont par suicide s’ils n’ont pas été correctement diagnostiqués et suivis.

Il existe une vulnérabilité génétique. Chez un enfant de parent bipolaire le risque de présenter le trouble passe de 1 à 10%, ce qui signifie tout de même, que 90% ne seront pas porteurs du trouble bipolaire.

Des facteurs peuvent déclencher le trouble, tel que des éléments de vie, ou le stress répété. Le modèle théorique actuel pour expliquer les troubles bipolaires est biopsychosocial : interactions complexes entre vulnérabilité génétique, modifications des systèmes de régulation du stress sous des influences environnementales diverses.

Le trouble bipolaire peut être stabilisé par la mise en place d’un traitement régulateur de l’humeur, une hygiène de vie et un travail personnel de psychoéducation ou de thérapie cognitivo-comportementale.

Les thymorégulateurs appartiennent à plusieurs familles médicamenteuses :
• Les sels de lithium (Téralithe*) ont été le premier traitement capable d’un tel effet prophylactique : ils sont le traitement thymorégulateur de référence depuis leur introduction au début des années 70.
• Pour être efficaces les sels de lithium doivent être prescrits à une posologie suffisante pour obtenir un taux plasmatique
de lithium (lithiémie) supérieur à 0.40 m Mol/l.
• Ce traitement interdit un régime sans sel.
• Il est déconseillé en association avec certaines classes de médicaments : diurétiques et anti-inflammatoires.
• Des médicaments efficaces pour le traitement de l’épilepsie ont également démontré un effet thymorégulateur :
• lamotrigine (Lamictal*),
• acide valproïque (Depakote*, Dépamide*…)

• Des médicaments indiqués dans le traitement des affections schizophréniques peuvent aussi être utilisés comme thymorégulateurs :
• olanzapine (Zyprexa*),
• rispéridone(Risperdal*),
• aripiprazole (Abilify*)…

Ce traitement sera maintenu sur plusieurs années, à visée préventive, au moins jusqu’au constat de 3 à 5 ans de stabilité thymique c’est-à-dire sans phase dépressive ni phase d’excitation.

Une prise en charge globale et adaptée permet à la plupart des personnes bipolaires d’avoir une meilleure qualité de vie personnelle et professionnelle.

La recherche se penche actuellement sur la réponse au lithium afin de mieux prédire l’efficacité du traitement mis en place, ainsi que sur la physiopathologie plus générale de la maladie.

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